Consommations d’antibiotiques en Nouvelle-Aquitaine en 2024 : évolution récente et points de vigilance



Les données régionales 2024 montrent une consommation nettement plus élevée que les années précédentes en Nouvelle-Aquitaine.

En établissement de santé, la consommation globale atteint 324 Doses Définies Journalières /1 000 journées d’hospitalisation (JH) en 2024, valeur la plus élevée depuis 2019 (290 DDJ/1000 JH) et légèrement supérieure à la consommation nationale (322 DDJ/1000JH).

Cette hausse des consommations concernait notamment la chirurgie (+21 % ; 614,4 DDJ/1000 JH), la médecine (+12 % ; 496,1 DDJ/ 1000 JH) et la psychiatrie (+24 % ; 45,4 DDJ/1000 JH), tandis que la réanimation restait stable et inférieure à la moyenne nationale, comme en 2022.


En ville, 42,18% des néo-aquitains ont bénéficié d’une délivrance d’antibiotiques en 2024, en ville, par une pharmacie d’officine, soit environ 2,2 millions de patients, au moins une fois au cours de l’année (le taux métropolitain est évalué à 40,96%). Cette donnée place la Nouvelle-Aquitaine en 4ème position des régions métropolitaines pour sa consommation d’antibiotiques délivrés en ville.

Etablissements : données de la mission nationale SPARES | Ville : Open Medics et SNDS (Système National des Données de Santé)

Taux de recours aux antibiotiques par circonscription en Nouvelle-Aquitaine

En termes d’évolution, le taux de recours aux antibiotiques a progressé de 1,5 points entre 2023 et 2024. La progression du taux de recours est particulièrement notable chez les patients âgés de 10 à 25 ans (+2,5 points), et les plus de 25 ans (+1,5 points). A l’inverse, un léger recul est enregistré chez les enfants de moins de 10 ans (-0,8 point).


En 2024, plus de deux tiers du volume de boîtes d’antibiotiques délivrées en ville sont prescrits par des médecins généralistes libéraux ; 13,7% et 13,9% de ce volume de boîtes d’antibiotiques délivrées en ville sont prescrits respectivement les chirurgiens-dentistes et les établissements de santé.




Documents complémentaires



Unités utilisées pour les consommations en établissements : Les consommations en antibiotiques en établissement de santé (ES) sont exprimées en nombre de doses définies journalières (DDJ) pour 1000 journées d’hospitalisation (JH). La DDJ est une unité définie par l’OMS. Elle représente, pour chaque médicament, la dose quotidienne pour un adulte de 70kg dans l’indication principale.

Afin de pouvoir comparer les consommations entre ES, elles sont rapportées à une unité d’activité : le nombre de journées d’hospitalisation. 

Indicateur de ville – Taux de recours : nombre de patients ayant eu au moins une délivrance d’antibiotiques rapporté à la population de la région. Cet indicateur est corrigé des effets de classes d’âges et de sexe.

Antibiotiques critiques
L’antibiorésistance ou résistance aux antibiotiques, est la capacité d’une bactérie à développer des mécanismes de défense qui lui permettent d’échapper à l’action de ces médicaments. L’acquisition de mécanismes de résistance par les bactéries s’est accélérée au fil du temps par l’utilisation massive, répétée et inappropriée d’antibiotiques (source : Agence Nationale de Sécurité du Médicament et des produits de santé – ANSM).

Tous les antibiotiques peuvent entrainer des résistances mais certains sont plus particulièrement pourvoyeurs : ce sont les « antibiotiques critiques ». La liste de ces antibiotiques a été définie par l’ANSM en 2015, puis mise à jour par la SPILF (Société de Pathologie Infectieuse de Langue Française) en 2022, en cohérence avec les référentiels nationaux et internationaux. Pour le secteur de ville, il s’agit notamment de l’association amoxicilline/acide clavulanique, des céphalosporines, des fluoroquinolones, des macrolides et apparentés.

Sources :
Etablissements de santé : données de la mission nationale SPARES
Ville : Open Medics et SNDS (Système National des Données de Santé)