Les thérapeutiques non médicamenteuses en EHPAD : un bénéfice pour les résidents, les professionnels, et la transformation écologique
Vers une prescription plus juste : le rôle clé des thérapeutiques non médicamenteuses.
La Résidence Commaignac de VIGEOIS, EHPAD de la Corrèze, partage avec nous son expérience et engagement dans une démarche active de déprescription, dans le cadre du déploiement de thérapeutiques non médicamenteuses validées.
Nous sommes allés à leur rencontre pour comprendre comment les thérapeutiques non médicamenteuses, plus sûres et plus durables, améliorent la qualité de vie et l’autonomie des personnes âgées, tout en diminuant les risques iatrogènes et en promouvant la déprescription.

Face au constat de prescriptions comportant, pour certains résidents, un nombre important de médicaments, l’établissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (EHPAD) Résidence Commaignac de VIGEOIS (Corrèze) a engagé depuis fin 2022 une démarche de dé prescription dans le cadre du déploiement de thérapeutiques non médicamenteuses validées.
Sous l’impulsion de la Directrice de l’établissement, différentes démarches ont été mises en place au sein de l’établissement avec l’apport de plusieurs intervenants (médecin coordonnateur, pharmacien, psychologues, IDEC, IPA, coach sportif, animateur).
L’objectif principal de cette démarche est de lutter contre la iatrogénie médicamenteuse afin de garantir le bien-être des résidents à qualité et sécurité des soins identiques… avec en complément, grâce à la baisse des consommations de médicaments, un impact positif sur la maîtrise des dépenses et la transition écologique du système de santé (écoprescription).

Rencontre avec les différents professionnels de l’EHPAD
« Les résultats constatés sont plus que satisfaisants et remplissent plus que nous l’imaginions nos objectifs initiaux »
Isabelle CANTONNET-PALOQUE, Directrice de l’EHPAD
« Notre établissement s’est engagé depuis 3 ans dans un objectif de déprescription. »
La déprescription a plusieurs objectifs : lutter contre toute forme de iatrogénie médicamenteuse, avoir in fine des résidents qui vont de mieux en mieux, redonner du sens à nos pratiques et faire des économies.
Nous avons pris plusieurs types de molécules en référence : Les somnifères, les anxiolytiques les laxatifs et les antalgiques. Depuis décembre 2022, les lignes de prescription concernant ces médicaments ont baissé entre 43 et 60 %. On arrive à ce résultat en travaillant sur deux axes simultanément :
En premier lieu, nous avons développé des thérapies non médicamenteuses : Multiplication des animations et sorties, ateliers mémoire, ateliers activités physiques adaptées, ateliers esthétiques, massage, séances de casque virtuel, vélo cognitif…
En parallèle, l’équipe soignante a réorganisé le circuit du médicament : Arrêt des « si besoin » en systématique, adaptation des heures de distribution, mise en place d’outils d’évaluation de la douleur par exemple…. Les soignants ont redonné du sens à leurs pratiques.
Les résultats constatés sont plus que satisfaisants et remplissent plus que nous l’imaginions nos objectifs initiaux. L’avenir de notre projet, c’est de continuer sur cet élan de déprescription et d’écoprescription, de cibler la déprescription sur de nouvelles molécules et d’innover encore dans les thérapies non médicamenteuses. »
« Associée à d’autres actions, l’activité physique adaptée permet de diminuer l’utilisation de certains médicaments comme les laxatifs, somnifères, anxiolytiques et antalgiques »
Pierre CHENUT, Educateur médico-sportif
« Les résidents participent à des activités physiques adaptées (APA) et à des activités physiques sportives (APS), que ce soit en individuel ou en groupe, à l’intérieur de l’établissement comme à l’extérieur.
Dès l’entrée en établissement, un premier bilan est réalisé et il permet d’orienter et d’adapter ces activités physiques en fonction du résident.
Nous constatons après quelques séances et selon le résident, un mieux-être généralisé, un maintien et/ou un développement musculaire, une meilleure estime de soi, un maintien de leur autonomie, de leur lien social, un meilleur transit, un sommeil de meilleure qualité, moins de troubles du comportement et moins d’accidents liés aux transferts…
Les professionnels ont une meilleure connaissance des capacités des résidents.
Associée à d’autres actions, cette activité permet de diminuer l’utilisation de certaines molécules médicamenteuses comme les laxatifs, somnifères, anxiolytiques et antalgiques. »
C’est une chance pour nous de pouvoir être avec un coach sportif qui nous apprend beaucoup, j’ai du respect pour cela, et je suis en même temps très heureuse de travailler avec lui ! Ça me fait du bien parce que c’est tous les jours, et il nous fait tellement bien travailler !
Parole d’un résident

« Grâce à l’atelier cuisine et au repas thérapeutique, les résidents retrouvent des gestes familiers, du plaisir partagé, de l’autonomie, et surtout une place dans un projet collectif. »
Saïda SALAH, Animatrice
« Mon rôle ici, c’est de créer des moments qui donnent du plaisir, du sens et de la convivialité aux résidents.
L’atelier cuisine et le repas thérapeutique sont deux temps très importants : ce sont des espaces où chacun retrouve des gestes familiers, du plaisir partagé, de l’autonomie, et surtout une place dans un projet collectif.
Ce qui me tient à cœur, c’est d’accompagner les résidents pour qu’ils restent acteurs : choisir une recette, sentir, toucher, goûter, participer selon leurs possibilités. La cuisine, ça réveille la mémoire, ça rassure, ça rassemble… et ça crée énormément de bien-être.
Pendant le repas thérapeutique, je veille aussi à ce que chacun soit installé sereinement, encouragé, valorisé, et qu’il puisse vivre un moment agréable et social. Ces repas sont souvent l’occasion de retrouver des habitudes positives, de reprendre confiance en soi, ou tout simplement de passer un moment chaleureux et familial autour d’une table, un moment hors du temps institutionnel.
Je suis fière d’apporter ça au quotidien. »
Je viens à cet atelier deux fois par semaine pour la convivialité, avec le plaisir d’être en petit groupe. C’est agréable, on discute un peu, on se raconte des souvenirs autour de la préparation des plats !Parole d’un résident
« L’atelier casque virtuel a une incidence sur le niveau d’anxiété et donc permet de diminuer l’utilisation des anxiolytiques et des antalgiques. »
Christelle GLANDUS, IDEC
« Pour cet atelier, le résident positionne le casque virtuel sur ses yeux et choisit un programme, un thème adapté à ses envies : évasion, relaxation, voyage, souvenirs…
On constate très rapidement le bénéfice apporté, avec un bien-être du résident.
La réalité des images et des voyages, la facilité d’utilisation, la Réminiscence (travail de la mémoire) / les animations… les changent du quotidien et permettent l’évasion des résidents qui n’ont pour la plupart jamais voyagé.
Cette activité a une incidence sur le niveau d’anxiété et donc permet de diminuer l’utilisation des anxiolytiques et des antalgiques. »

Le casque permet de m’évader, de me détendre. J’adore danser, et la séquence sur la danse m’a permis de retrouver ma passion
Parole d’un résident
« L’atelier mémoire et discussion permet de soutenir les capacités des résidents, de valoriser les personnes, et surtout de leur offrir un espace où elles se sentent écoutées, actrices et apaisées. »
Elodie COUVE, psychologue


« Au Pôle d’Activités et de Soins Adaptés (PASA) et dans les autres unités, on propose des ateliers qui apportent beaucoup de douceur et de stimulation aux résidents. Pour moi, en tant que psychologue, ce sont de vrais moments de lien : je vois les personnes s’ouvrir, retrouver du plaisir, de la confiance, parfois même de la fierté. Il y a un véritable abaissement du niveau d’anxiété constaté sur ces moments-là.
Les ateliers mémoire et discussion, s’intègrent naturellement dans la prise en soins des résidents, ils sont amenés naturellement sur un format détendu et convivial, ancrés dans une routine et rappelés quotidiennement grâce au planning accessible à tous les membres de l’équipe : ils permettent de soutenir les capacités qui restent, de valoriser les personnes, et surtout de leur offrir un espace où elles se sentent écoutées, actrices et apaisées.
Ces temps partagés sont souvent simples… mais ils ont un réel impact sur leur bien-être quotidien. »

Retrouvez prochainement une vidéo de l’ensemble des témoignages sur la chaîne YouTube de
l’OMEDIT Nouvelle-Aquitaine Guadeloupe Guyane :
Organismes contributeurs :
