Programme POP’IN : les centres d’addictovigilance se mobilisent pour prévenir les surdoses aux opioïdes
Vous avez une question sur un médicament ou une substance psychoactive ? Vous êtes confrontés à une situation d’abus, de mésusage, de dépendance ou de surdose ? Vous avez observé un effet indésirable inattendu après la consommation d’une substance psychoactive ?
Les Centres d’Addictovigilance sont vos interlocuteurs privilégiés pour répondre à ces questions, vous accompagner dans la prise en charge de vos patients et participer à la surveillance des substances psychoactives.
Créé en 1990, le réseau français d’addictovigilance est coordonné par l’ANSM et repose sur 13 Centres d’Addictovigilance (CEIP-A) répartis sur l’ensemble du territoire. Leur mission est de surveiller, évaluer et prévenir les risques liés à l’usage de substances psychoactives, qu’il s’agisse de médicaments ou de substances illicites : abus, mésusage, dépendance, surdose et autres conséquences sanitaires.
En Nouvelle-Aquitaine, deux centres assurent cette mission :
Le Centre d’Addictovigilance de Bordeaux et des DROM, pour la Dordogne, la Gironde, les Landes, le Lot-et-Garonne, les Pyrénées-Atlantiques ainsi que pour la Guyane, la Guadeloupe, la Martinique, Mayotte et La Réunion.
Le Centre d’Addictovigilance de Poitiers, pour la Charente, la Charente-Maritime, les Deux-Sèvres, la Vienne, la Corrèze, la Creuse et la Haute-Vienne.
Ces centres peuvent être sollicités par tout professionnel de santé pour donner un avis sur des substances psychoactives ou une situation clinique.
Les opioïdes : un enjeu important d’addictovigilance en Nouvelle-Aquitaine
Les déclarations recueillies par les Centres d’Addictovigilance constituent une source essentielle pour surveiller les usages et les risques liés aux substances psychoactives. Malgré une sous-notification importante, elles permettent d’identifier des tendances, de repérer des situations à risque et, lorsque cela est nécessaire, d’alerter les professionnels de santé et les autorités sanitaires.
En 2025, aux CEIP-A de Bordeaux-DROM et de Poitiers, 294 déclarations d’addictovigilance associées à des opioïdes ont été enregistrées, soit 25,8 % de l’ensemble des déclarations. Parmi ces déclarations, 46,3 % rapportaient un trouble de l’usage ou un mésusage. Les principaux opioïdes concernés étaient la méthadone (28,7 %), la morphine (23,5 %) et la buprénorphine (16,9 %). Le tramadol et la codéine, opioïdes couramment prescrits dont le potentiel addictif est souvent sous-estimé, représentaient quant à eux 26,5 % des déclarations associées à un trouble de l’usage ou à un mésusage. Ces données rappellent l’importance de rester vigilant face au risque de dépendance, y compris pour des opioïdes perçus comme moins à risque.
Les données de l’enquête OPPIDUM, recueillies chaque année au mois d’octobre auprès des structures participantes, permettent de mieux caractériser les consommations de substances psychoactives et les conduites associées.
En 2025, en Nouvelle-Aquitaine, 628 sujets ont été inclus dans l’enquête, représentant 1 293 produits consommés recensés. Parmi eux, 445 consommaient au moins un opioïde, dont 68,5 % bénéficiaient d’un traitement de substitution aux opioïdes (TSO). La méthadone représentait 65,8 % des traitements de substitution recensés, devant la buprénorphine haut dosage (BHD), à 30,2 %.
D’autre part, parmi ces consommateurs d’opioïdes, 71 % connaissaient la naloxone, mais seulement 39 % en disposaient et 3,8 % déclaraient l’avoir utilisée au cours de l’année pour eux-mêmes ou pour un proche.
Ces données rappellent que l’information sur la naloxone ne suffit pas à elle seule : son accessibilité, son appropriation et la capacité à l’utiliser en situation d’urgence sont également essentielles dans la prévention des surdoses.
POP’IN : prévenir les surdoses liées aux opioïdes
Depuis mai 2026, les centres d’addictovigilance de Bordeaux et de Poitiers portent le programme national POP’IN (Prévention et réduction des risques de surdose liée aux OPIoïdes et diffusion de la Naloxone), élaboré par le CEIP-A PACA Corse et déployé progressivement sur l’ensemble du territoire sous la coordination nationale de l’ANSM.
Ce programme poursuit plusieurs objectifs :
Promouvoir le bon usage des opioïdes ;
Mieux repérer les situations à risque de surdose ;
Améliorer la prise en charge des patients concernés ;
Favoriser la diffusion de la naloxone auprès des personnes exposées et de leur entourage.
Des actions de terrain au plus près des professionnels
Le programme POP’IN accompagne les professionnels de santé à travers des formations présentielles auprès des équipes de CSAPA, CAARUD et structures de prise en charge de la douleur, ainsi que des webinaires destinés aux professionnels de premier recours, notamment médecins généralistes et pharmaciens d’officine.
Ces professionnels jouent un rôle essentiel dans la prévention des surdoses, en contribuant au repérage des situations à risque, à l’information des patients et à la mise à disposition de naloxone pour les personnes concernées.
Toute structure ou tout groupe de professionnels intéressés par le programme POP’IN peut contacter directement son Centre d’Addictovigilance de référence afin d’étudier la mise en place d’une formation adaptée à ses besoins.
Des outils pédagogiques à votre disposition
Le programme POP’IN met également à disposition des professionnels de nombreux supports de communication destinés à faciliter les échanges avec les patients et les usagers d’opioïdes.
Affiches, dépliants, fiches pratiques ou encore outils d’aide au dialogue peuvent être commandés gratuitement auprès de votre Centre d’Addictovigilance de référence.
« Certains patients traités au long cours par […] des opioïdes ne sont pas toujours identifiés comme étant à risque de surdosage, alors qu’ils peuvent pourtant être concernés. Une formation courte, sous forme de webinaire, centrée sur le repérage de ces patients “non identifiés” pourrait répondre à un réel besoin en médecine générale. »
Coordinatrice de la CPTS Adour Chalosse Tursan
Ces supports permettent d’aborder de façon simple et pédagogique les principaux messages de prévention : bon usage des opioïdes, facteurs de risque de surdose, reconnaissance des premiers signes d’overdose, conduite à tenir et intérêt de la naloxone. Ils constituent un véritable support au dialogue entre les professionnels de santé, les patients et leur entourage.
Ensemble, renforçons la prévention des surdoses liées aux opioïdes et favorisons une diffusion plus large de la naloxone auprès des personnes qui en ont besoin.
Centre d’addictovigilance de Bordeaux et DROM
Centre d’addictovigilance de Poitiers
Portail de déclaration et demandes de renseignement :