Programme POP’IN : les centres d’addictovigilance se mobilisent pour prévenir les surdoses aux opioïdes



Les Centres d’Addictovigilance sont vos interlocuteurs privilégiés pour répondre à ces questions, vous accompagner dans la prise en charge de vos patients et participer à la surveillance des substances psychoactives.

Créé en 1990, le réseau français d’addictovigilance est coordonné par l’ANSM et repose sur 13 Centres d’Addictovigilance (CEIP-A) répartis sur l’ensemble du territoire. Leur mission est de surveiller, évaluer et prévenir les risques liés à l’usage de substances psychoactives, qu’il s’agisse de médicaments ou de substances illicites : abus, mésusage, dépendance, surdose et autres conséquences sanitaires.

En Nouvelle-Aquitaine, deux centres assurent cette mission :

Ces centres peuvent être sollicités par tout professionnel de santé pour donner un avis sur des substances psychoactives ou une situation clinique.


Les déclarations recueillies par les Centres d’Addictovigilance constituent une source essentielle pour surveiller les usages et les risques liés aux substances psychoactives. Malgré une sous-notification importante, elles permettent d’identifier des tendances, de repérer des situations à risque et, lorsque cela est nécessaire, d’alerter les professionnels de santé et les autorités sanitaires.

En 2025, aux CEIP-A de Bordeaux-DROM et de Poitiers, 294 déclarations d’addictovigilance associées à des opioïdes ont été enregistrées, soit 25,8 % de l’ensemble des déclarations. Parmi ces déclarations, 46,3 % rapportaient un trouble de l’usage ou un mésusage. Les principaux opioïdes concernés étaient la méthadone (28,7 %), la morphine (23,5 %) et la buprénorphine (16,9 %). Le tramadol et la codéine, opioïdes couramment prescrits dont le potentiel addictif est souvent sous-estimé, représentaient quant à eux 26,5 % des déclarations associées à un trouble de l’usage ou à un mésusage. Ces données rappellent l’importance de rester vigilant face au risque de dépendance, y compris pour des opioïdes perçus comme moins à risque.

Les données de l’enquête OPPIDUM, recueillies chaque année au mois d’octobre auprès des structures participantes, permettent de mieux caractériser les consommations de substances psychoactives et les conduites associées.

En 2025, en Nouvelle-Aquitaine, 628 sujets ont été inclus dans l’enquête, représentant 1 293 produits consommés recensés. Parmi eux, 445 consommaient au moins un opioïde, dont 68,5 % bénéficiaient d’un traitement de substitution aux opioïdes (TSO). La méthadone représentait 65,8 % des traitements de substitution recensés, devant la buprénorphine haut dosage (BHD), à 30,2 %.

D’autre part, parmi ces consommateurs d’opioïdes, 71 % connaissaient la naloxone, mais seulement 39 % en disposaient et 3,8 % déclaraient l’avoir utilisée au cours de l’année pour eux-mêmes ou pour un proche.

Ces données rappellent que l’information sur la naloxone ne suffit pas à elle seule : son accessibilité, son appropriation et la capacité à l’utiliser en situation d’urgence sont également essentielles dans la prévention des surdoses.

POP’IN : prévenir les surdoses liées aux opioïdes


Ce programme poursuit plusieurs objectifs :

  • Promouvoir le bon usage des opioïdes ;
  • Mieux repérer les situations à risque de surdose ;
  • Améliorer la prise en charge des patients concernés ;
  • Favoriser la diffusion de la naloxone auprès des personnes exposées et de leur entourage.

Des actions de terrain au plus près des professionnels

Le programme POP’IN accompagne les professionnels de santé à travers des formations présentielles auprès des équipes de CSAPA, CAARUD et structures de prise en charge de la douleur, ainsi que des webinaires destinés aux professionnels de premier recours, notamment médecins généralistes et pharmaciens d’officine.

Un enjeu identifié en médecine générale

Ces supports permettent d’aborder de façon simple et pédagogique les principaux messages de prévention : bon usage des opioïdes, facteurs de risque de surdose, reconnaissance des premiers signes d’overdose, conduite à tenir et intérêt de la naloxone. Ils constituent un véritable support au dialogue entre les professionnels de santé, les patients et leur entourage.